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DECOUVERTE DES VILLES IMPERIALES

Une envie soudaine de voyage m’a prise au printemps dernier, c’est ainsi que du 1er au 8 mai 2007, je suis partie au Maroc, à la découverte des villes impériales. Ce fut pou moi un petit retour aux sources… En effet, je suis née au Maroc et plus précisément à Meknès. Malgré l’importance du groupe (47 personnes), le voyage s’est très bien passé, notre guide Khaled a vraiment été compétant et plein d’humour.
Le premier jour notre périple commence donc par Marrakech, ville Fondée en 1062 par Youssef Ibn Tachfin de la dynastie Almoravide, elle compte aujourd'hui 700 000 habitants, ce qui en fait la 3eme ville du pays. J’avouerai que j’ai un petit faible pour cette ville, très dépaysante, très typique, très fleurie, très touristique avec ses remparts en ocre rouge. Petit mirage, véritable oasis au pied des cimes enneigées du haut Atlas. Pour m’imprégner de cette ville qui enivre par ses odeurs, ses parfums, ses couleurs, je décide de visiter le fameux jardin Majorelle. Véritable havre de paix au plein cœur de la cité grouillante et trépidante. Ce jardin subtropical, planté et dessiné au siècle dernier par le peintre français Jacques Majorelle, regorge de nombreuses plantes comme des bambous géants, des yuccas, des daturas, des bougainvilliers, des cactées, des nénuphars, des papyrus, des cocotiers, des lauriers, des bananiers, des palmiers ….. Véritable feu d’artifice de couleurs qui se mari à merveille avec le bleu si particulier des murs (le bleu Majorelle) … Véritable délices des sens, petite pause intemporelle idéale pour déconnecter du quotidien.
Le deuxième jour est dédié à la visite complète de la ville. Nous commençons par la visite des tombeaux des sultans Saadiens. C’est une nécropole où repose le prince Mohammed Ech Cheikh, le sultan Ahmed El Mansor et toute sa famille. Les murs sont tapissés de Zelliges (mosaïque) aux couleurs délicates surmontés d’une dentelle de plâtre finement sculpté, les plafonds sont en Cèdre gravé et les piliers sont en marbres d’Italie. Véritable chef d’œuvre architecturale de l’art hispano mauresque en très bon état de conservation.
Nous continuons notre visite par le palais de la Bahia, littéralement le "palais de la belle", c’est un très bel ensemble architectural , typiquement oriental, qui a été construit par le grand vizir Ba Ahmed à la fin du 19eme siècle en cadeau pour sa favorite (parmi ses 80 concubines officielles). Ce palais comprend une succession de cours, de riads apaisant et rafraîchissant garnis d’arbres, de fleurs, de bassins, entourés par des pièces plus belles les unes que les autres, comme la salle du conseil, couverte d’un magnifique plafond en bois de cèdre peint et sculpté…Très beau palais digne des milles et une nuits!
Nous passons ensuite par le minaret de La Koutoubia, véritable point de repère dans la ville, c’est le minaret le plus haut de Marrakech avec ses 69 mètres. Au sommet, se trouvent 3 boules superposées dont le diamètre décroissant symbolise la Terre, l'Eau et le Feu. L’on peut y voir également (comme sur tous les minarets) une potence qui indique non seulement le sens de la Mecque mais également l’heure de la prière quand un tissus blanc y est accroché. Chacune des faces de ce magnifique minaret est différente sa partie supérieure est finement sculpté et contraste avec la sobriété et la rudesse du matériau de sa base…. Très bel édifice religieux.
Nous continuons le tour de la ville par la médina et le souk véritable labyrinthe d’impasses étroites et de ruelles sombres où les non initiés risquent de se perdre !!! Authentique cœur névralgique du pays, où l’âme de ses habitants riches de traditions se dévoile à nous. Dépaysement garanti. Les artisans sont regroupés par corporation et par quartier, celui des teinturiers où les écheveaux sèchent au dessus des rues, celui des forgerons où retenti le battement incessant des coups de marteaux pour produire de beaux objets en fer forgé comme des lanternes, des grilles, des paravents … Celui des teinturiers … A chaque fois les échoppes se réduisent à quelques m², toutes semblables, toutes alignées en rang serré où les commerçant rivalisent d’ingéniosité et de flatteries pour attirer notre attention afin de nous faire découvrir et acheter leurs produits…. Tout cela dans une ambiance bon enfant !!!
Nous terminons notre journée par la visite de la fameuse place Jemaa El Fna. C’est en fin d’après midi que cette place donne sa véritable mesure. En effet, les marchants de toutes sortes…(marchands d’oranges, d’épices, de fruits secs, porteurs d’eau, vendeurs d’herbes rares, de babioles, d’amulettes) se réunissent, sans oublier les acrobates, les conteurs, les arracheurs de dents, les charmeurs de serpents, les danseurs et musiciens… Dans la foule bigarrée des groupes se forment et se déforment aux grès des attractions, rythmé par le tintamarre des percussions, guidés par les odeurs des brochettes, des beignets, des poissons fris… A la nuit tombée l’ambiance est a son paroxysme, la magie de Marrakech peut opérer ! C’est une expérience inoubliable que je vous conseille … un dépaysement garanti !
Le 3eme jour nous faisons la connaissance de la deuxième partie du groupe (venant d’autres régions française) et partons en direction de Casablanca et de Rabat via la palmeraie de Marrakech (quartier résidentiel où les maisons plus grandes, plus belles les unes que les autres rivalisent de luxe….). Nous empruntons ensuite l’autoroute flambant neuve, nous l’inaugurons le même jour que le Roi, voilà pourquoi tout le long du trajet, des policiers sont planté tous les 2-3 km !!! Nous traversons de nombreux paysages, aride avec le passage d’un col, des plateaux, puis des terres de plus en plus fertiles. Je fus très étonné par la diversité des cultures (carottes, courgettes, bananes sous serres, amandiers, orangers) … le Maroc est doté d’un véritable jardin potager et d’un extraordinaire verger !
Après quelques heures de route nous arrivons à Casablanca, Malgré la présence de l’océan atlantique, je fus un peu déçue par cette ville, très récente, trop moderne, et très occidentale… sans véritable intérêt architectural !!! Seul la mosquée Hassan II mérite le détour. Conçu par un architecte Français Michel Puseau et construite en partie sur la mer en 6 ans, cette mosquée possède un superbe minaret tout en marbre de 200m de haut, et une toiture ouvrante… C’est la plus grande mosquée du monde après celle de la Mecque. La grande salle des prières d’une superficie de 20.000 m2 et d’une capacité de 25.000 personnes est soutenue par 78 piliers de granit de marbre et d’onyx, grandiose, unique, extraordinaire !!!...Les murs sont recouverts de zelliges aux motifs géométriques très complexes et de stucs aux dessins inextricables. Deux mezzanines sont réservées aux femmes, elles peuvent prier en même temps que les hommes cachées derrières de somptueux moucharabiehs finement sculptés dans le bois de cèdre. Au sous sol, se trouve la salle d’ablutions avec ses 41 fontaines et deux hammams très beaux … cet édifice somptueux est un véritable joyaux du 20eme siècle qui témoigne du talent et des techniques ancestrales des artisans marocains, véritable compromis entre la tradition et le modernisme. Les adjectifs manquent pour exprimer la beauté du travail et la richesse des matériaux…
Un peu plus au nord, toujours sur la façade atlantique, à seulement 60 km de Casablanca, se trouve Rabat, la capitale administrative et politique du pays ; lieu de résidence principal du Roi Hassan II, Rabat est une ville calme et aérée. Après une halte devant le palais du Roi, nous visitons le mausolée de Mohammed V qui se trouve devant la célèbre tour Hassan le symbole de la ville. Conçu par l'architecte vietnamien Vo Toan, le mausolée Mohammed V est une véritable vitrine du savoir faire marocain. Sa construction fut achevée en 1971 après 10 ans de travail auquel collaborèrent 400 artisans parmi les meilleurs du pays. A l’intérieur, le tombeau central est celui de Mohammed V et le tombeau à gauche est celui de Hassan II. Bâti en marbre blanc d'Italie, le mausolée est coiffé d'un toit pyramidal recouvert de tuiles vertes. Le sarcophage royal d'onyx blanc pakistanais repose sous une coupole faite d'acajou et de cèdre du Libanais revêtue de feuille d’or. Grandiose ! Le mausolée s'élève donc sur l'immense esplanade où se dresse les ruines de la mosquée et de la tour Hassan grand rêve inachevé de Yacoub El-Mansour, cet ensemble est un véritable cimetière de colonnes, c’est tout ce qu’il reste de la plus grande mosquée d’occident qui couvrait plus de 2.5 ha et comptait 200 colonnes délimités 19 nefs de 21 travées et 14 portes, l’édifice n’a jamais été terminé et a été laissé à l’abandon, il tomba peu a peu en ruine et le tremblement de terre de Lisbonne en 1755 lui donna son coup de grâce. Très belle visite, belle ville qui aurait mérité un peu plus de temps.
Le quatrième jour nous visitons les ruines de la superbe cité romaine de Volubilis : véritable cité antique avec Forum, basilique, capitole, arc de triomphe, maisons bourgeoises, rues commerçantes… Au début du 3eme siècle sa population a été estimée a 20.000 habitants, à l’époque la ville était entourée de 2.5 km de rempart sur une superficie de 40 hectares, idéalement située, elle a pu se développer grâce au commerce de l'huile d'olive... mais à la fin du IIIe siècle, les Romains se replient vers Tanger et le déclin de la ville commence…Volubilis sera totalement détruite par le tremblement de terre de Lisbonne en 1755. Notre visite commence par l’ancienne huilerie, la maison d’Orphée appelé ainsi à cause d’un pavage de mosaïque très bien conservée visible… puis nous passons par les thermes de Gallien qui s’étendent sur presque 1000 m2, on devine encore les foyers voûtés, les salles chaudes puis la piscine froide… A droite une venelle longe 1 boulangerie, on peut voir encore deux meules, on passe devant une fontaine publique alimentée jadis par une source voisine acheminée par un aqueduc… L’impressionnante perspective de la rue de Deccuamanus Maximus, donne une idée de l’importance et de l’activité de la ville, avec son arc de triomphe et son forum (place fermée et dallée qui constituée le centre de la ville politique, administrative et religieuse). A coté du capitole se trouve la basilique judiciaire qui est imposante, avec ces marches, un perron, ces arcades et ses colonnes qui sont … aujourd’hui « squattés » par des cigognes (qui remplacent les fidèles). La visite de Volubilis fut un enchantement, non seulement l’état de conservation de certaines mosaïques, mais également la beauté du site (une plaine verdoyante et fertile ou les champs d’oliviers, d’agrumes et autres cultures sont visibles à perte de vue), tout cela donne à cette ville un caractère attachant, émouvant et mystérieux. Petit retour dans le passé qui me laisse rêveuse.
En route vers Fès nous faisons un petit arrêt dans la station de ski d’Ifrane situé dans les montagnes du moyen atlas à 1 713 mètres d'altitude. Cette petite ville, fleurie, calme, propre, entourée d’une forêt de Cèdres surprend par son urbanisme à l'européenne avec ces petits chalets aux toits pentus couverts de tuiles rouges, ces hautes cheminées... Petite escale reposante et très insolite, a à peine 1h de route de Fès et de sa Médina colorée et bruyante.
Le cinquième jour est consacré totalement à la visite de Fès. Nous commençons par la fascinante médina, le véritable cœur de la ville, et plus précisément le quartier de Fès el Bali. Entourée de remparts, la médina est une grande cité médiévale qui n'a pratiquement pas changé en 1000 ans avec ces 9500 ruelles, c’est le lieu le plus vivant de la ville. Où les Fassis, habitants de Fès, y croisent chaque jour des ânes chargés de marchandises qui se dirigent vers les souks. Nous commençons notre découverte de la ville par un point de vue exceptionnelle, celui des tombeaux Mérinides, ainsi d’un seul coup d’œil, l’on peut découvrir toute la médina les remparts, le toit des maisons et les nombreux minarets…
Nous continuons notre découverte par le marché aux peaux, ou s’échange tous les jours les peaux qui partent à dos d’Ane ou de mulets dans le quartier des tanneurs. Quatre type de peaux sont utilisées pour confectionner des cuirs de différente qualité : la peau de dromadaire est la meilleure marché, puis vient celle de vache, enfin les peaux de chèvre et de mouton produisent les cuirs les plus précieux.
Le fameux quartier très pittoresque des tanneurs, ce situe au cœur de la médina, une odeur très forte, presque incommodante nous envahie, mais le spectacle est saisissant. En effet les peaux, sont tout d’abord plongées quelques jours dans des cuves remplies de chaux, de fiente de pigeon et d’ammoniac pour les nettoyer, Elles sont ensuite transférées dans les bacs de teinture où les artisans les foulent nus pieds tous les jours de 6H à 14h30. La teinture se fait exclusivement à partir de produits naturels : le coquelicot pour la teinture rouge, la menthe pour le vert, l’indigo pour le bleu, le khôl pour le noir, le henné pour le orange, un mélange d’huile et de grenadier pour le jaune. Très beau spectacle qui témoigne d’une technique ancestrale.
Après plusieurs tours et détours dans les méandres de la médina, nous visitons la médersa Bou Inania. Cette superbe école coranique fut construite par les Mérinide, nous découvrons ainsi le fabuleux travail du bois de cèdre et la technique si spéciale des moucharabiehs.
Nous quittons ce quartier par la superbe porte Bab Bou Jeloud qui mêle le vert de l'Islam au bleu de Fès pour entrer dans le quartier el Jedid un peu plus au nord. C’est en fait un ensemble fortifié qui comprend des mosquées, casernes, marchés, habitations et un palais royal pour loger les princes de la nouvelle dynastie. Le Dar el Makhzen, littéralement le "palais royal", s'étend sur un incroyable domaine. Il comprend une mosquée, une médersa et une place d'armes et d’immenses jardins « Lalla Minna ». Malheureusement, le site est fermé au public. Mais nous admirons toutefois le superbe portail aux 7 portes mêlant harmonieusement le vert des tuiles et le bleu des céramiques de Fès. Cela nous donne un aperçu de ce que doit être l’intérieur du palais Royal. A l'ombre du palais se trouve l'ancien mellah (ancien quartier juif) probablement fondé au XVIe siècle. Quartier très commerçant, agréable balade avec toutes ces étales multicolores.
Le sixième jour nous découvrons (un peu trop rapidement à mon goût) la ville de Mèknes, superbe cité impériale entourée par 25 km de rempart. Cette ville a été édifiée par le sultan Moulay Ismaïl au XVIIe siècle, sultan alaouite mégalomane qui rêvait d'un " Versailles marocain ". Nous visitons les écuries (malheureusement en mauvaise état) seul subiste quelques piliers en cours de restaurations … .. A l’origine une salle immense supportée par des centaines de piliers abritait les 12 000 chevaux du sultan. Aujourd'hui, le haras n'élève plus que 450 purs sangs. A coté se trouve les greniers a grains « Héri es Souani » (très bien restaurés) c’était les réserves alimentaires de la ville. On raconte que Moulay Ismaïl, craignant d'être assiégé, et aurait ordonné la construction de ce grenier aux proportions titanesques pour pouvoir alimenter la ville pendant 20 ans. Juste a coté se situe le bassin de l'Aguedal qui est, en fait, un réservoir d'eau alimenté par une canalisation longue d'environ 25 km. Etalé sur plus de 10 hectares, ce bassin servait à l'irrigation des jardins du sultan, son eau devait servir aux habitants de Meknès en cas de siège des tribus berbères.
Après un tour de ville, nous visitons le Mausolée de Moulay Ismaïl : ce tombeau est, en fait, une mosquée qui abrite les dépouilles de Moulay Ismaïl et de sa famille. Une cour ornée de mosaïques et de faïences permet d'accéder à la salle du mirhab, une pièce carrée revêtue de plâtre sculpté. Douze colonnes provenant des ruines de Volubilis soutiennent sa coupole inférieure. Sur le sol entièrement recouvert de tapis, trônent des horloges offertes par Louis XIV à Moulay Ismaïl. Ce monument procure une impression de calme et de sérénité qui se marie fort bien avec l’image donnée par Meknès.
Nous terminons la visite de la ville par la porte Bâb El Mansour, l'une des plus belles du Maroc, elle fut la dernière oeuvre commandée par Moulay Ismaïl. Elle se compose de deux arcades en céramique et mosaïques vertes soutenues par des piliers de marbre. Très bel exemple de l’art architectural marocain.
Enfin le dernier jour est consacré à la visite de la vallée de l'Ourika, située à 30 Km de Marrakech, cette vallée est essentiellement peuplée de berbères et s'engouffre progressivement dans le Haut Atlas marocain. Nous traversons de nombreux villages de pisé accrochés à la colline et découvrons une nature spectaculaire, préservée et un mode de vie traditionnel. Nous avons même la chance d’aller chez l’habitant, de découvrir leur mode de vie simple, leur habitat rural et surtout de pouvoir déguster un traditionnel thé à la menthe (surnommé le whisky berbère)… Beau moment, belle visite loin des sentiers battus très touristiques.
En conclusion, je dirait que le Maroc est un beau pays, très riche architecturalement et historiquement où un doux parfum d’orient plane. C’est une terre riche de contrastes, mystérieuse, envoûtante digne des mille et une nuits. Son peuple est jeune, joyeux, et accueillant. Sa gastronomie est savoureuse, délicieuse (surtout les pâtisseries). Ce fut pour moi un vrai dépaysement, certes un peu trop court, pas assez approfondie, mais une belle approche qui ne donne qu’une seule envie repartir et pourquoi pas faire un petit circuit en 4x4 dans le sud marocain… qui sait !!!
Je vous donne en tout cas rendez vous début septembre pour de nouvelles impressions sur Prague (ma prochaine destination).
Alors a très bientôt pour de nouvelles aventures!
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